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Expansions (Lonnie Liston Smith and The Cosmic Echoes), fusion nimbée de spiritualité

Never love alone
Expansions (Lonnie Liston Smith and The Cosmic Echoes), fusion nimbée de spiritualité Posted on 20 janvier 2019Leave a comment
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Lonnie Liston Smith Expansions – Enregistré les 25-26 novembre 1974 – Flying Dutchman
Arrivé à NYC en 1963, Lonnie Liston Smith joue du Free Jazz avec différentes formations locales jusqu’en 1971, date à laquelle il découvre un instrument alors presque inconnu du grand public, le Fender Rhodes. Le mythique clavier crée en 1965 par Harold Rhodes, sera découvert par Lonnie presque par accident alors qu’il enregistre en studio. Très prolifique entre 1973 et 1985, il enregistre 14 albums dont « Expansions » accompagné de The Cosmic Echoes le groupe qu’il a créé avec son frère Donald Smith.

Lonnie Liston Smith est issu d’une famille de musiciens, son père chanteur de gospel à Richemont en Virginie lui donne le tempo et le sens de la soul. Il rejoint ses idoles sur la scène et les clubs de jazz de New-York derrière son instrument de prédilection, le piano. Il débute sa carrière sous l’aile et le beau saxo de Pharoah Sanders qui lui permettra de rencontrer et de collaborer avec des légendes telles que John Coltrane ou Miles Davis.


Lonnie Liston Smith Expansions

En 1973 il forme son propre groupe The Cosmic Echoes avec lequel il parcourra plus d’une décennie. Ils manieront avec aisance l’art de la fusion des genres en sortant plusieurs albums considérés comme des classiques de smooth jazz ou de quiet storm. Il travaille et joue avec Marvin Gaye dont un mythique live à Montreux. Il découvre et lance un jeune bassiste, Marcus Miller, enfin bref il a fait son chemin parmi les grands, a aidé les petits à devenir grands et continue avec beaucoup de talent.

Si certains pensent que la musique apaise, Lonnie Liston Smith paraît sûr quant à lui qu’elle puisse guérir, avec une énergie que les autres disciplines artistiques ne possèdent pas.

Lonnie Liston Smith Expansions
Lonnie Liston Smith Expansions

Du coup, ce pianiste cherche à atteindre les gens au plus profond de leur être, à les faire prendre conscience de leur force intérieure. Il faut dire que ce musicien, versé dans la méditation transcendantale, s’est lancé dans l’expression improvisée, inspiré par Coltrane, et tout en essayant d’être le plus créatif possible.

D’Expansions, album fort (justement) apaisant s’il en est, le critique américain Nat Hentoff a dit, à sa sortie, qu’il débordait de la « puissance de la sérénité », de la « sérénité des sens ».

Ces qualités, Lonnie Liston Smith les a acquises aux côtés des plus grands, qu’il s’agisse de Gato Barbiéri dans Third World, de Pharoah Sanders dans Karma ou de Miles Davis dans Big Fun, trois opus qu’il a marqués de son empreinte aux claviers électriques.

Lonnie Liston Smith Expansions
Lonnie Liston Smith Expansions

La découverte de la sonorité cristalline du Fender Rhodes – notamment – l’a subjugué au point qu’il la mette en perspective avec sa passion des sciences et des religions, au sein d’une formation à géométrie variable, les Cosmic Echoes.

Bob Thiele, le producteur de Coltrane, lui proposa le premier de faire cavalier seul, pour le compte de son label Flying Dutchman, en mettant en avant son rapport singulier à l’Univers et à l’astrologie.

De tous les albums qu’il a gravés à l’époque, Expansions demeure le plus convaincant, avec son morceau-titre remarquable et samplé par les rappeurs Stetsasonic sur Talking All That Jazz.

Lonnie Liston Smith Expansions
Lonnie Liston Smith Expansions

L’ensemble offre une fusion nimbée de spiritualité, aux nappes de claviers annonciatrices de l’ambient, parfois illuminées par la voix du frère Donald Smith, comme sur Peace, un très beau morceau d’Horace Silver.

Foisonnants de textures et de rythmiques oscillant entre le funk, le jazz mystique et les saveurs moyen-orientales, ces longues plages en forme de rêveries, ces effluves pluriels, oniriques et psychédéliques, bien qu’au diapason d’une pensée musicale syncrétique développée sous forme de trip, n’ont pas toujours été au goût des critiques de l’époque, qui en ont parfois dénoncé la naïveté.

Quoi qu’il en soit. Expansions a bien vieilli, et l’on ne peut mettre en doute sa sincérité, typique des préoccupations jazzistiques des seventies.

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CREDITS Lonnie Liston Smith Expansions :

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