Marc Moulin Placebo years

Marc Moulin Placebo years – Enregistré entre 1971 et 1974 aux studios Madeleine et start à Bruxelles – Blue note
Pionnier du jazz fusion en Europe, le Belge Marc Moulin est marqué par Miles Davis, Soft Machine et les formations aventureuses de la fin des années 1960. Après quelques années passées à sillonner l’Europe en tant que pianiste, il forme Placebo en 1969, alors que les musiques pop et le jazz commencent à s’agréger et à laisser la place à des compositions de plus en plus libres. Influencé par la trompette de Miles Davis et le clavier d’Herbie Hancock, Placebo enregistre ses premières compositions au début de la décennie.

C’est pendant ces mêmes années 60 qu’il fait la rencontre du guitariste Philip Catherine. Tous deux lassés du be-bop, ils sont d’avis d’incorporer leurs influences respectives : le funk de James Brown pour Phil Catherine et le rock de Soft Machine et Blood Sweat & Tears pour Marc Moulin. A l’époque, Marc était le seul à jour sur un clavier Wurlitzer, acheté dans le magasin de Jules Van Obbergen alias Grand Jojo. Il est également un des premiers à posséder un synthé Moog, qui forgera le son caractéristique de Placebo.


Marc Moulin Placebo years

En 1971, il fonde, notamment avec le guitariste de jazz Philippe Catherine, le groupe de fusion jazz-rock Placebo, avec lequel il enregistrera trois albums (Ball of Eyes, 1973 et Placebo – sur les deux derniers, Marc Moulin mettra à profit son Mini-Moog tout neuf).

Au gré de ses trois albums, la formation distille un mélange étonnant de jazz, de pop et d’avant-garde, anticipant à la fois l’avènement des styles acid jazz et rare groove. Paru en 1971, l’album Ball of Eyes est un véritable ovni pour l’époque, et sans doute le plus libre des trois albums de Placebo. Encore plus accompli, l’album 1973 reste la pièce maîtresse de la carrière du groupe.

En ouverture, «Bolkwush» illustre un jazz rock élégant et exigeant, dominant par la vision magistrale de Marc Moulin. Les cuivres résonnent à merveille sur les notes de piano électrique, tour à tour enlevé ou méditatif.

Marc Moulin Placebo years
Marc Moulin Placebo years

Les notes de Fender Rhodes d’un titre comme «Balek» participent tout autant que les aventures électroniques de Miles Davis à la même époque, à la création d’un jazz futuriste, qui anticipe à la fois l’acid jazz mais aussi l’électro.

« Placebo », du verbe latin « placere », signifie « je plairai ». Marc Moulin était en effet séduit par le concept de la musique qui devient un remède fonctionnant si on y croit. « 1973 » est le second album du groupe, suivant « Ball of Eyes, enregistré en 1971, également sur le prestigieux label américain CBS.

Marc Moulin Placebo years
Marc Moulin Placebo years

Les disques de Placebo, malgré des critiques unanimes, ne connaîtront pas le succès escompté. Après 3 albums, Marc décide de réduire l’ampleur du groupe. Il passe de 8 musiciens à un trio et quelques invités. Le titre de l’album qui suit, » Sam suffit », est un jeu de mot faisant référence à la formation réduite. La rumeur d’un cinquième album, enregistré mais jamais sorti, reste à vérifier.

A l’époque, c’est plutôt dans la catégorie « jazz rock » que se retrouvait classé Placebo, même si l’idée initiale de Marc Moulin était de le présenter comme du jazz pop. Les nombreux belgicismes dans les titres des morceaux et les allusions (intellectualisées) au folklore belge ne suffiront pourtant pas pour imposer ce terme.

Marc Moulin Placebo years
Marc Moulin Placebo years

Tous ces albums sont aujourd’hui considérés comme des chef d’oeuvres du jazz funk des années 70 et sont extrêmement recherchés par les collectionneurs, dont certains ont payés plus de 1000 dollars pour une copie originale…

Après le troisième album, Placebo, Marc Moulin s’oriente vers l’electro avec la formation Telex, avant de renouer avec ses amours jazz en signant sur le label Blue Note à la fin de sa carrière.

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