Previous Article Next Article African Rhythms 1970-1982 (Oneness of Juju), chaînon manquant entre Pharoah Sanders et Kool and the gang
Posted in ALBUM

African Rhythms 1970-1982 (Oneness of Juju), chaînon manquant entre Pharoah Sanders et Kool and the gang

Never love alone
African Rhythms 1970-1982 (Oneness of Juju), chaînon manquant entre Pharoah Sanders et Kool and the gang Posted on 10 janvier 2021Leave a comment
Never love alone

Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982 – Strut records
Oneness of Juju est une comète qui a traversé le ciel des années 70, et qui n’a jamais cessé sa course depuis. African Rhythms 1970-1982 retrace le parcours de ce groupe explosif, à travers ce concentré de morceaux dansants où l’afro-jazz se mêle au funk, au blues, à la soul et aux polyrythmies de la batucada brésilienne.

Remontant aux premiers travaux du groupe dans les années 1970 – aux côtés du jazzman sud-africain exilé à San Francisco Ndikho Xaba – la compilation Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982 revient sur la période où le groupe évoluait au sein de la scène loft jazz de New-York, la formation du groupe Juju et la publication de deux albums emblématiques de jazz percussif sur le label Strata-East.


Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982

Plunky forme le groupe en 1971 avec des camarades embauchés comme lui sur un spectacle théâtral : La résurrection des morts, signé du dramaturge Marvin X. Tous ont en commun d’être, comme on dit à l’époque, « afro-centrés », et prennent des noms africains pour revendiquer leur lien avec la Terre mère (Motherland) africaine dont les Noirs américains ont été arrachés.

Kent Parker, le bassiste et compagnon de route de Plunky (avec lequel ils formèrent le groupe The Soul Syndicate à la fin des années 60) se rebaptise ainsi Ken Shabala. Réunis à San Francisco pour le spectacle, les musiciens décident de rester ensemble à la fin de la production et se baptisent Juju, le mot anglais qui désigne aussi bien les talismans, les gri-gris, que la magie ouest-africaine.

Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982
Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982

À l’avant-garde des expériences jazz de l’époque, jouant dans les grands rassemblements militants avec Pharoah Sanders, Sun Ra ou Bill Summers, ils enregistrent leur tout premier album – A Message From Mozambique en 1972.

Le titre est évidemment une marque de soutien à ce pays d’Afrique, alors en pleine guerre de libération. Il paraîtra sur le label Strata-East Records. Dans la foulée, le groupe quitte San Francisco et s’installe à New York où le saxophoniste Ornette Coleman les accueille dans son loft de Soho.

Après un second album en 1974, la formation évolue, et le bassiste comme le percussionniste décident de rentrer à San Francisco.

Chez Strata-East Records, Gil Scott Heron, Mtume et Oneness of Juju étions les jeunes du label, les autres musiciens étaient un peu plus âgés et un peu plus conservateurs. Ils n’étaient pas sûrs lorsqu’ils ont démarré le label qu’ils étaient prêts pour ce côté politique que nous trois, nous amenions. Mtume avait fait un album pour Strata East appelé « Alkebu-lan land of the blacks » qui était très nationaliste et Oneness of Juju avait fait ‘Juju » qui était Jazz-Africain avant-gardiste et Gil Scott-Heron avait sa poésie politique, parlait de Watergate, donc tous les musiciens plus âgés n’étaient pas sûrs qu’ils étaient prêts pour ce qu’on faisait. Il y avait deux camps différents dans le label. Je suis devenu très bon ami avec Mtume et Gil Scott-Heron à cette époque et on se considérait comme des jeunes révolutionnaires en quelque sorte, les jeunes lions du Label. (James Plunky Branch)

Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982
Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982

Leurs remplaçants Ronnie Toler (percus) et Muzi Branch (le frère de Plunky, à la basse) insufflent un nouveau groove dans le groupe, désormais rebaptisé Oneness of Juju. Ils intègrent également la chanteuse Jacqueline Holoman (aka : Lady Eka-Eté).

Désormais, le son du groupe se pimente de funk, gonfle ses percussions afro-cubaines, flirte avec les sentiers du disco et de ce qui bientôt, deviendra le hip-hop. C’est exactement ce son : militant, festif et souvent psychédélique qui explose dans African Rhythms, le premier disque de la formation, nouvelle mouture.

“Nous avons réalisé que si nous ajoutions un beat aux rythmes afro-cubains, les gens de Richmond ou de Washington DC se sentiraient davantage concernés par la musique et que ça ne changerait rien à notre message”. (James Plunky Branch)

L’album African Rhythms paraît en 1975 sur le label Black Fire Music. À sa sortie, le disque marque les esprits, en particulier à Washington où le groupe est souvent invité à se produire, et où il partage à plusieurs reprises la scène avec Gill Scott-Heron, Hugh Masekela, mais aussi Funkadelic, Kool and the Gang, Mandrill…

Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982
Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982

Les premiers titres de cette compilation, sur les Rythmes africains se focalisent sur les fondements de la batterie des groupes de Plunky que sur leurs improvisations libres de l’époque.

La compilation renonce à la chronologie au profit de la vibe et du flow, tout en esquissant une chronologie culturelle de l’évolution des styles de l’époque.

Un triptyque de 1971 de paroles féministes sexuellement et spirituellement affamées par le poète Roach OM de Bay Area, lu sur le groove afro-cubain des Natives (le plus ancien enregistrement de la compilation), offre un aperçu des aspirations lyriques et musicales des jeunes révolutionnaires en herbe.

Sur les enregistrements de New York (1972-73) et de Richmond (1974) du premier groupe de Plunky, Juju, avec l’ex-vibraphoniste Lon Moshe et le batteur/percussionniste Babatunde Michael Lea, la formule associant la parole au rythme se précise.

Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982
Oneness of Juju African Rhythms 1970-1982

Les couches de percussions (jusqu’à cinq instruments à la fois) sont souples et implacables, et les nappes sonores de Plunky sont également au service du rythme. Mais elles peuvent aussi toucher à la transcendance : Sur l’épopée « End of the Butterfly King », où Ngoma Ya Uhura lit les vers d’un poème plein d’espoir intitulé « Things Comin’ Along », Juju vole derrière lui dans des angles à couper le souffle, les lignes épineuses de Plunky au soprano s’élèvent et Al-Hammel Rasul martèle son piano, style McCoy Tyner, à travers une mélodie simple et magnifique. C’est du free jazz comme musique de danse.

On a dit du groupe qu’il était le chaînon manquant entre Pharoah Sanders et Kool and the gang, à la croisée du jazz psychédélique, du funk et de la disco.

African Rhythms marque certainement le début de l’âge d’or du groupe, qui connaîtra également son heure de gloire dans les clubs londoniens au début des années 80 avec le single « Every way but loose » (12 minutes).

Ce virage donne lieu à une série de classiques soul-jazz parus sur le label de Jimmy Gray Black Fire, parmi lesquels “River Luv Rite”, “Plastic”, “Don’t Give Up” ainsi que leur plus gros hit international “Every Way But Loose” en 1982, remixé plus tard par Larry Levan.

Le groupe bénéficie d’un regain d’intérêt au milieu des années 80 quand les innovateurs du go go de Washington le citent comme une influence majeure et que les DJ spécialisés en rare grooves inondent les dancefloors londoniens de la musique de Oneness of Juju.

Source : https://pan-african-music.com – www.fip.fr – http://funku.fr – www.nova.fr

###

CREDITS :

Never love alone

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.