The Doors Morrison Hotel

The Doors Morrison Hotel – Enregistré entre novembre 1969 – Janvier 1970 au Studio Elektra Sound Recorders, Los Angeles, California – Elektra Records
Entre déboires juridiques, confusion psychique et délabrement physique, Jim Morrison traverse 1969 – année pathétique ? – sur le mode du désenchantement et de la rédemption.

Débarrassé des oripeaux du Roi Lézard, après la mise à mort du personnage sur la scène du Dinner Key Auditorium, à Miami, il ne fait plus de la musique une priorité, et c’est libre de toute pression qu’il aborde l’enregistrement du cinquième album de The Doors Morrison Hotel, dont les séances débutent en novembre dans un climat enfin apaisé.


The Doors Morrison Hotel

C’est en se promenant avec sa femme dans les rues de Los Angeles que Ray Manzarek remarque cet hôtel situé au 1246 South Hope Street. Un hôtel du nom de Morrison Hotel. L’occasion était trop belle, Manzarek en parle aux autres, le groupe et un photographe (le fameux Henry Diltz) s’y rende. Ils demandent au propriétaire s’ils peuvent prendre la façade en photo. Refus du proprio. Qu’à cela ne tienne, ils entrent, discrètement, et se glissent derrière la vitre, demandant au photographe de les immortaliser, rapidement, une fois le propriétaire hors de vue.

La photo est celle présente sur le recto de pochette de The Doors Morrison Hotel, cinquième opus studio des Doors, sorti en février 1970, enregistré en novembre de l’année précédente (sauf deux chansons plus anciennes), et portant le nom de Morrison Hotel. Enfin…non, l’album en réalité s’appelle Hard Rock Cafe – Morrison Hotel.

The Doors Morrison Hotel
The Doors Morrison Hotel

Soudés par des compositions déjà rodées sur scène, les musiciens renouent avec l’esprit garage et la spontanéité de leurs débuts, lorsqu’ils se faisaient les dents sur de vieux standards de blues.

De son côté, loin des afféteries de The Soft Parade, Paul Rothchild a remisé violons et trompettes, ne s’en remettant qu’à quelques parties de basse (Ray Neapolitan, Lonnie Mack) et d’harmonica (John Sébastian) pour étoffer le son du groupe.

Scindé en deux parties, l’une baptisée « Morrison Hotel », l’autre « HardRock Café », l’album joue habilement de cette dualité, entre blues éraillés et ballades vaporeuses.

The Doors Morrison Hotel
The Doors Morrison Hotel

Roadhouse Blues donne ainsi le ton, avec son riff charnu, son piano bastringue et son harmonica débridé, mais ça (Blue Sunday) et là (Indian Summer), Jim Morrison enfile son vieil habit de crooner, sa tessiture de baryton se jouant avec grâce d’une orchestration squelettique.

Deux chansons ne datent pas des sessions de Morrison Hotel, mais sont plus anciennes. Il s’agit d’Indian Summer, qui date de 1966 (sessions du premier album, The Doors) une ballade poétique envoûtante et, bien sûr, Waiting For The Sun, qui date de 1968 et des sessions de l’album du même nom (le groupe appellera l’album Waiting For The Sun, mais ne conservera pas cette chanson au final.

The Doors Morrison Hotel
The Doors Morrison Hotel

Plus solidement charpenté, le reste de l’album s’inscrit dans un registre souvent funky, à l’image de You Make Me Real, Maggie M’Gill ou Peace Frog, une composition de Robby Krieger agrémentée d’un texte militant de Morrison, au détour duquel le chanteur évoque un accident de la route dont il a toujours affirmé avoir été témoin enfant, vision furtive d’Indiens gisant sur le bitume et de fantômes sanglants.

Illustrée d’une photo prise à la dérobée par Henry Diltz, la pochette immortalise le groupe dans la vitrine du Morrison Hotel, un asile de nuit des quartiers déshérités de Los Angeles. Au premier plan, les traits bouffis et le regard vide, Jim Morrison semble déjà ailleurs. Il ne lui reste qu’un peu plus de dix-huit mois à vivre.

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CRÉDITS The Doors Morrison Hotel :

Jim Morrison – lead vocals, maracas, tambourine
Ray Manzarek – tack piano on tracks 3 and 8, Gibson G-101 organ on tracks 2 and 5, Vox Continental organ on tracks 4, 6, 7 and 10, piano on tracks 1 and 8, Wurlitzer electric piano on track 9, Fender Rhodes Piano Bass on track 10, Hammond C-3 organ on track 11, RMI Electra piano on track 2.
Robby Krieger – guitar Gibson SG, Gibson Les Paul custom
John Densmore – drums
Lonnie Mack – bass guitar on tracks 1 and 11
Ray Neapolitan – bass guitar on tracks 2 to 9
John Sebastian (as « G. Puglese ») – harmonica on track 1

Technical personnel

Paul A. Rothchild – production
Bruce Botnick – engineering
Gary Burden – sleeve design
Henry Diltz – sleeve photography

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