The Rolling Stones Sticky Fingers

The Rolling Stones Sticky Fingers – Enregistré de décembre 1969 à janvier 1971 au Muscle Shoals, Alabama ; Olympic Studios, Londres ; Stargroves/ Rolling Stones Mobile, Newbury, Berkshire.
À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

En mars 1970, Mick Taylor rejoint le reste du groupe, plus le producteur Jimmy Miller, au Muscle Shoals Sound Studios, en Alabama. Seuls trois titres y seront enregistrés, mais ils sont emblématiques du son « roots » de l’album The Rolling Stones Sticky Fingers : « Wild Horses », une ballade au parfum country, « Brown Sugar », un rhythm’n’blues festif et paillard, et « You Gotta Move », un classique du blues interprété, entre autres, par Fred McDowell.

Alors qu’il s’ingéniait à incorporer les plans de piano country à la Floyd Kramer appropriés à la chanson Wild Horses, Dickinson réalisa que les Stones jouaient faux : pour « le plus grand groupe de rock’n’roll du monde », la précision n’était pas d’une importance capitale.


The Rolling Stones Sticky Fingers

Jusqu’au milieu des années quatre-vingt, les témoins de leurs séances d’enregistrement étaient souvent éberlués par l’amateurisme dont les Stones faisaient preuve en studio, comme s’il s’agissait d’un groupe de débutants enregistrant leur première démo. Mais cette insouciance faisait partie des Stones.

« J’ai quasiment fondé ma carrière sur ce que j’ai appris durant ces trois jours, explique Dickinson en riant. C’était à ce point organique et naturel qu’on ne pouvait que se dire : « Attends, qui a raison et qui a tort, là ? » Ils ne savaient absolument pas où ils allaient. Ils faisaient un disque comme n’importe qui dans la rue s’imagine qu’on fait un disque. »

A la fin de la troisième journée d’enregistrement dans les studios Muscle Shoals, Jagger emballe les masters de ses trois nouveaux morceaux, puis s’assure qu’il ne laisse rien derrière lui.

The Rolling Stones Sticky Fingers
The Rolling Stones Sticky Fingers

Les autres chansons de l’album sont enregistrées plus tard, au studio Olympic, mais aussi à Stargroves, le manoir de Mick dans la campagne anglaise. Le groupe vient d’acheter un camion rempli de matériel d’enregistrement haut de gamme, le Rolling Stones Mobile Unit. Ce sont les planchers en bois et les hauts plafonds de Stargroves qui donnent à ces enregistrements un son naturel, une réverbération chaude dont d’autres groupes profiteront, notamment Led Zeppelin et les Who.

Il faut évidemment rendre hommage au travail de producteur de Jimmy Miller. À l’époque, nombre de groupes anglais se plaignent que les sections rythmiques britanniques ne sont pas enregistrées et/ou mixées avec la même énergie et la même présence que leurs homologues américaines. Comme il l’a fait avec le Spencer Davis Group et Traffic, Miller va mettre en avant les éléments percussifs des Stones, plus que n’importe quel autre producteur ou ingénieur du son avant lui contribuant ainsi à faire entrer le rock’n’roll dans une nouvelle ère de production. Le résultat, c’est le son même du rock du début des seventies, plus rythmique, avec des basses plus marquées.

The Rolling Stones Sticky Fingers
The Rolling Stones Sticky Fingers

Il y a bien sûr « Bitch », funky à souhait, tous cuivres dehors, tout comme « I Got the Blues » et son feeling Stax (le solo d’orgue de Billy Preston !) : « Si Otis Redding ou Ray Charles étaient encore de ce monde, je ne doute pas qu’ils l’auraient reprise », dit Mick Taylor. « On écoutait beaucoup Otis Redding à l’époque, et je voyais que Mick avait vraiment envie d’utiliser les cuivres pour apporter une autre dimension à leur musique, confirme Bobby Keys. Et je lui vendais le truc : ‘Hé, Mick, écoute comme ces cuivres sont supers ! Écoute comme Otis et les cuivres fonctionnent bien ensemble.

Deux titres sublimes, principalement écrits par Jagger avec l’aide de Taylor, sont aussi enregistrés à Stargroves, notamment « Sway », l’un des premiers cas de signature Jagger/Richards par défaut, puisque Keith n’a apparemment rien à voir avec sa création.

« Sa contribution a été importante, dit Jagger au sujet de Taylor au magazine Rolling Stone en 1995. Tout est devenu plus musical. C’était un guitariste fluide et mélodique, ce que nous n’avions jamais eu, et n’avons pas eu depuis. Ni Keith ni Ronnie ne jouent dans ce style. C’était très bien, pour moi, de travailler avec lui. Je pouvais m’asseoir avec Mick Taylor, et il ajoutait toutes ces lignes mélodiques fluides autour de ma voix. Il était passionnant et superbe, il me donnait une direction et un moyen de m’exprimer. »

The Rolling Stones Sticky Fingers
The Rolling Stones Sticky Fingers

A l’époque, la dope représentait un sujet possible sur dix. Pas pour les Stones. En plus du brown sugar mexicain, les références abondent : héroïne dans « Sway », cocaïne et speed dans « Can’t You Hear Me Knocking », opiacés et overdose dans « Sister Morphine » cuillère et seringues dans « Dead Flowers » et finalement le grand décollage de « Moonlight Mile » à apprécier, chante Mick, « la tête pleine de neige « …

L’origine de Sister Morphine remonte à 1968. C’est dans un jardin de Rome, que Jagger commença à gratter cet air mélancolique. « Mick avait cette mélodie, mais il ne semblait pas avoir de paroles », explique aujourd’hui Marianne Faithfull. Il joua ces mêmes accords, sans paroles, durant des mois à la guitare sèche, avant que Faithfull ne lui en écrive. Elle racontait la sinistre histoire d’un mourant qui réclame désespérément de la morphine. On était bien loin de la délicatesse de As Tears Go By, mais c’était pour Marianne Faithfull l’occasion d’élargir son répertoire.

La performance musicale atteint son sommet sur « Can’t You Hear Me Knocking ». Là, Keith Richards tronçonne un riff d’anthologie et teste littéralement son nouveau soliste, Mick Taylor. Mais Jimmy Miller construit autour des deux guitaristes une jungle harmonique à base d’orgue, batterie, basses, percussions jusqu’à ce que les deux bretteurs trouvent leur place dans l’échange sonique.

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CREDITS The Rolling Stones Sticky Fingers : Producteur : Jimmy Miller, Les Rolling Stones : Mick Jagger (chant, guitares, percussions), Keith Richards (guitare électrique, guitare acoustique 6 et 12 cordes, chœurs), Mick Taylor (guitare électrique, acoustique, slide), Charlie Watts (batterie), Bill Wyman (guitare basse, piano électrique). Autres musiciens : Ry Cooder (guitare slide), Jim Dickinson (piano), Rocky Dijon (conga), Nicky Hopkins (piano), Bobby Keys (saxophone), Ronnie Lane (chant), Jimmy Miller (percussions), Billy Nicholls (chant), Jack Nitzsche (piano), Billy Preston (orgue). Jim Price (trompette, piano), lan Stewart (piano), Pete Townshend (chant).

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