Betty Davis

Betty Davis – Enregistré entre 1972-1973 au Wally Heider Studios, San Francisco, California – Just Sunshine Records
Coupe afro de rigueur, cuissardes en argent, minishort et sourire ravageur, Betty Davis rayonne comme un soleil d’ébène sur la pochette de son premier album homonyme. Aidée par la section rythmique de la Family Stone, ainsi que par une poignée de musiciens confirmés, membres de Santana, Tower Of Power ou des Pointer Sisters, elle enregistre Betty Davis, qui paraît en 1973.

De Betty Davis, Miles Davis dira dans son autobiographie: « Elle a eu une grande influence sur ma vie et ma musique. Elle était vraiment branchée sur la pop d’avant-garde. Elle m’a fait découvrir Jimi Hendrix – l’homme et sa musique. » Joli compliment dans la bouche de celui qui la rencontra en 1967, alors qu’elle était encore mannequin et n’avait composé qu’un morceau, pour les Chambers Brothers.


Betty Davis – 1972

L’union ne sera que fugitive, à peine un an émaillé de disputes à l’issue desquelles Miles confiera qu’elle était trop jeune, sauvage et délirante pour lui. Peu importe : Betty Davis l’aura entre-temps initié au rock de Jimi Hendrix comme au funk de Sly & The Family Stone, sans compter le renouvellement de sa garde-robe !

Séparée du trompettiste, Betty Davis enregistra d’abord en compagnie de John McLaughlin, sous la houlette du producteur Alan Douglas, avant de rencontrer Michael Carabello, ancien percussionniste de Santana qui lui présenta Greg Errico. Batteur fraîchement évincé du groupe de Sly Stone (la véritable idole de Betty Davis), celui-ci rameuta son collègue bassiste Larry Graham, d’anciens Tower Of Power, les Pointer Sisters, Sylvester et s’installa derrière la console du premier album (éponyme).

Betty Davis
Betty Davis

Propulsées par le slap atomique de Larry Graham et des textes à faire rougir Millie Jackson, les chansons de Betty Davis susurrent aux oreilles de l’auditeur les confessions les plus inavouables : Anti Love Song, Steppin In Her I. Miller Shoes et une mise en bouche classée X qu’on pourrait traduire par « Si j’ai de la chance, je vais me faire ramasser ».

Indéniablement, le magnétisme chauffé à blanc de Betty Davis avait échappé à l’époque à tout le monde, sauf peut-être à Robert Palmer qui l’aidera à décrocher un contrat. En prédatrice totalement insatiable, elle avait pourtant inventé un savoureux cocktail de funk hirsute et carrément mal embouché, devant certes beaucoup à Millie Jackson, grande initiatrice du genre.

Betty Davis
Betty Davis

Auparavant, jamais de telles rythmiques n’avaient embrasé des paroles aussi explicitement torrides. Avec son bagout puisé à la source de la rue, cette amazone délurée dotée d’une langue de vipère montait le funk à cru et allumait de véritables incendies dès qu’elle se raclait la gorge. Missy Elliott retiendrait la leçon.

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CREDITS Betty Davis :

Baritone Saxophone – Jules Broussard (tracks: A2)
Bass – Doug Rauch (tracks: A2), Larry Graham (tracks: A1, A3 to B4)
Congas – Victor Pantoja (tracks: A1)
Drums – Gregg Errico*
Electric Piano, Clavinet – Merl Saunders (tracks: A3, A4)
Engineer – Good Doin Mallory*
Guitar – Doug Rodrigues (tracks: A1, A3, A4, B4), Neal Schon (tracks: A2, A3, B1, B2)
Organ, Clavinet – Hershall Happiness Kennedy (tracks: A1, B1, B3, B4)
Piano – Pete Sears (tracks: A3)
Piano, Clavinet – Richard Kermode (tracks: A2, B2)
Producer – Gregg Errico*
Saxophone – Skip Mesquit*
Trombone – Mic Gillette (tracks: B1)
Trumpet – Greg Adams
Vocals – Hershall Happiness Kennedy (tracks: A1, B1), Pointer Sisters (tracks: B2, B3)
Vocals, Arranged By, Written-By – Betty Davis
Voice [1st Voice] – Annie Sampson (tracks: B3)
Voice [2nd Voice] – Anita Pointer (tracks: B3)
Voice [3rd Voice] – Kathi McDonald (tracks: A2, A3, B3)
Voice [4th Voice] – Patrice Chocolate Banks* (tracks: A4, B1, B3)
Voice [5th Voice] – Sylvester (tracks: B3)
Voice [Bass Voice] – Willy Sparks III* (tracks: B1)

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