roberta flack killing me softly

roberta flack killing me softly – Enregistré en 1973 – Atlantic Recording Studios / Regent Sound Studios (New York) – Atlantic
Succès retentissant de l’année 1973, Killing me Softly With His Song est l’aboutissement d’une longue histoire se mêlant à une légende urbaine. La première interprète de cette chanson, la chanteuse Lori Lieberman, a toujours prétendu s’être inspirée du titre Empty Chairs de Don McLean, entendu lors d’un concert au club Troubadour de Los Angeles.

Roberta Flack aurait ensuite demandé au parolier Norman Gimbel de lui confectionner des paroles qui évoqueraient cette prestation qui l’avait beaucoup marquée. L’anecdote est jolie mais la réalité est moins glamour.

roberta flack killing me softly
roberta flack killing me softly

Selon ce dernier, tout serait parti d’un carnet de chansons où il notait toutes sortes de phrases lues ou entendues, pouvant servir de trame à une chanson, comme ce passage « killing me softly with his blues » provenant d’un livre de nouvelles argentin.

Après avoir écrit le texte, Gimbel aurait demandé à son ami Charles Fox d’y adjoindre une musique et de proposer la chanson à une de leur connaissance, Lori Lieberman, qui se serait empressée de l’enregistrer après avoir retouché le titre en Killing Me Softly With His Song.


Roberta Flack Killing Me Softly

Si cette version initiale n’a pas rencontré le succès espéré, laissant son interprète dans un parfait anonymat, elle a toutefois suffisamment impressionné Roberta Flack pour qu’elle demande à Quincy Jones de lui trouver la partition juste après l’avoir écoutée lors d’un vol entre Los Angeles et New York.

Peu après, elle file à Kingston répéter le morceau avec son groupe et l’affaire s’arrête là. 

Jusqu’en septembre 1972, date à laquelle Roberta Flack assure la première partie d’un concert de Marvin Gaye. L’audience lui demandant plusieurs rappels, elle interprète alors sous l’invite de Marvin Gaye, ce nouveau titre. Le public est immédiatement conquis et enthousiaste. Marvin la prend alors dans ses bras et lui dit : «Ne joue plus jamais cette chanson en concert avant de l’avoir enregistrée !».


roberta flack killing me softly
roberta flack killing me softly

Elle écoutera son conseil. Roberta Flack passe trois mois en studio à peaufiner sa version, sous la houlette du producteur Joël Dorn. Une fois le single sorti, les autres morceaux qui composent l’album seront enregistrés dans la foulée mais au Regent Sound Studios (New York).

Ici comme sur ses précédents album, son âme est gospel, sa voix est soul, son esprit est jazz, et son style peut être pop. Figure forte de cette soul sophistiquée des 70’s, Roberta Flack est prise entre ses racines et les sons du moment. Un peu comme une Carole King black portée par un chant aux inflexions jazz comme sur les titres No Tears (In the End) ou I’m the Girl.

Elle est capable d’atteindre une sensation immaculée comme en témoigne sa reprise du classique Suzanne de Leonard Cohen pour clore ce quatrième opus.

roberta flack killing me softly
roberta flack killing me softly

Pour une artiste aussi sincère et perfectionniste que l’est Roberta Flack, cette réussite est le fruit d’un long travail personnel qui la voit polir chacune de ses chansons avant de l’enregistrer; cette lenteur n’est pas toujours du goût d’Atlantic qui souhaiterait sortir des albums à un rythme plus soutenu, et doit se contenter de publier des 45-t au compte-goutte en attendant la fin de chaque nouveau recueil.


L’album lui vaut en 1974 les Grammy Awards du meilleur album, de la meilleure chanson et de la meilleure chanteuse de l’année. Le single de Roberta Flack Killing Me Softly with His Song reste au sommet des charts des mois durant, tous genres musicaux confondus.

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CREDITS Roberta Flack Killing Me Softly :

Roberta Flack : arrangements, piano, voix – Ron Carter : basse – Eric Gale : guitare – Ralph MacDonald : congas, percussion, tambourin – Grady Tate : batterie – Joel Dorn : producteur – Deodato : chef d’orchestre, arrangements violon (2;8) – William Eaton : arrangements cuivres (5;7) – Don Sebesky : chef d’orchestre, Horn Arrangements, arrangements violon (6) – Alfred Ellis : arrangements cuivres, chef d’orchestre (3) – Kermit Moore : arrangements, violoncelle (4) – John Shelton : compositeur – Jack Shaw : producteur associé – Bob Liftin : ingénieur du son (2-8) – Gene Paul : ingénieur du son (1) – Barry Diament : mastering

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