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Abbey Road (The Beatles), l’ultime opus des Fabs four

Sur la pochette, pas de titre ni de nom de groupe. Kosh, le directeur artistique qui a orchestré ce visuel légendaire, a justifié son choix lors d’une interview pour la BBC en 2009, à l’occasion du quarantième anniversaire de la sortie The Beatles Abbey Road : “Je leur ai assuré qu’on n’avait pas besoin d’écrire le nom du groupe sur la pochette. Ils étaient le groupe le plus célèbre du monde, après tout.

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Sgt pepper’s lonely hearts club band (The Beatles), chef-d’œuvre de pop baroque et disque drogué

La période qui s’ouvre pour les Beatles au mois de novembre 1966 et qui se refermera en février 1968 fait à la fois figure de grand carrefour multisensoriel et de virage radical, pour le groupe comme pour toute la musique pop des années 1960. Durant ces seize mois intensément remplis, les Beatles vont ainsi enregistrer près d’une trentaine de chansons disséminées sur divers singles, EP et B.O. de films, et surtout sur l’album qui cristallise leur mutation en sorciers de studio : Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

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Transformer (Lou Reed), le meilleur album de David Bowie ?

Après quatre albums officiels du Velvet Underground, Lou Reed, exsangue, fauché et humilié par les échecs systématiques, finit en 1970 par laisser le groupe à la dérive, qui sortira même sans lui un ultime album, Squeeze, en 1973. Battu, abattu, il songe à tout abandonner, pour reprendre l’entreprise paternelle de comptabilité. Pour gagner de l’argent de poche et financer des régimes alimentaires qu’il a décidé d’opposer à son hygiène de vie chaotique, il ramasse les poubelles sur les plages de Long Island, gère de la paperasserie pour son père.

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La B.O. de Roy Budd Get Carter, objet de culte certifié

Longtemps indisponible — une rare édition japonaise du 33 tours sorti sur le label Odeon en 1971 —, la bande originale de Get Carter est devenue, au fil du temps, aussi populaire que son support filmé.On oubliera le remake navrant de Stephen T. Kay où Sylvester Stallone patauge dans le rôle créé par Michael Caine pour redécouvrir l’œuvre originale, un parangon du film noir à l’anglaise.

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Exile on main street (The Rolling Stones), une jungle marécageuse de riffs

Habitées par le blues et la soul, les chansons de ce double album célèbrent avec une ferveur lascive les joies de l’âme.Si Sticky Fingers était l’album à la braguette magique, les Stones d’Exile on Main Street semblent en pleine panne des sens – la langue, ils la tirent encore, mais d’épuisement. Le refrain de la chanson d’ouverture, Rocks Off, donne d’ailleurs la clé de ce qui, en mai 1972, sonne comme un album de reprises mal fagotées : “Je n’arrive plus à jouir que lorsque je rêve”, se lamente Jagger.Exile on Main Street offre effectivement une recension des pollutions nocturnes et rêves humides des Stones provoqués par les musiques afro-américaines.

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Beggars Banquet (Rolling Stones), le diable en affection

Quand on y repense, s’il n’y avait pas eu l’intensité de l’exercice folk-blues et le plaisir procuré par ce chant malicieux retrouvant ses vieux accents de plagiaire, on aurait pu aisément rigoler du côté peu crédible des paroles de No Expectations. “Once I was a rich man/Now I’m so poor” : difficile de s’imaginer celui qui les interprète en pauvre bougre ruiné.

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Scott 4 (Scott Walker), la pièce maitresse du crooner pop

Si l’album de Scott Walker Scott 4 a provoqué des réactions diverses à sa sortie et a été retiré des bacs quelques semaines après, il a depuis été réévalué par la critique grâce à son influence sur David Bowie, Nick Cave, Mark Almond et Neil Hannon de Devine Comedy. Il est aujourd’hui légitimement réédité. Sa richesse sonore et son envergure extraordinaire ont de quoi ébahir les générations à venir.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu “l’album des deux Mick ».

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Mali Music (Damon Albarn), carnets de voyage musical non identifié

Touche-à-tout génial de la musique pop britannique avec ses groupes Blur et Gorillaz, Damon Albarn est saisi par la grâce en visitant le Mali en 2000. Il fonde le collectif Africa Express, rencontre de musiciens de trois continents mettant les artistes maliens à l’honneur. Fasciné par ce premier voyage, bercé par ses rencontres musicales, il va composer une musique onirique à souhait. Le projet aurait pu donner un ovni commercial insipide, mais c’est un carnet de voyage musical surprenant.

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Dusty in memphis (D. Springfield), rencontre d’une diva blanche avec la musique noire américaine

En 1968, l’avenir semble scellé. La pop est out et le rock psyché in. Les interprètes de sexe féminin ont du mal à trouver des chansons à succès. Dusty Springfield ne fait pas exception. Ses derniers tubes, que ce soit d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, remontent à l’été 1966. Dusty in memphisAhmet Ertegun, directeur visionnaire d’Atlantic Records, n’a pas d’idée précise sur ce qui deviendra Dusty in memphis mais comprend qu’elle est une interprète aussi douée qu’Aretha Franklin. Il veut la faire enregistrer en studio avec l’orchestre qui a fait le succès de la diva soul.

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Blue Lines (Massive Attack), entre B.O. atmosphérique et dub enfumé

Entre B.O. atmosphérique et dub enfumé, electro lascive et pop stellaire, soul opulente et hip-hop panoramique, les Bristoliens inventent une musique et une esthétique qui vont irradier non seulement toute une scène britannique mais aussi mondiale.En langage militaire à fleurs, on appelle ça des dommages collatéraux. La première guerre du Golfe, en 1990-1991, eut ainsi un effet secondaire cocasse à des milliers de kilomètres de là : un collectif de Bristol dut changer de nom. Pendant les quelques mois du conflit, pour se plier au bannissement de tout mot rappelant de près ou de loin la rhétorique guerrière décidé par la toute-puissante BBC, Massive Attack Blue lines devint Massive, tout court.

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The Dark Side Of The Moon (Pink Floyd), chef-d’œuvre floydien

Lorsque EMI publie The Dark Side Of The Moon le 24 mars 1973, d’innombrables fans du Floyd en ont déjà entendu des extraits. Peu d’entre eux se doutent que ces nouveaux titres de leur groupe fétiche se vendront à plus de 25 millions d’exemplaires et que Pink Floyd deviendra un dinosaure, un titan mondial, presque une marque déposée.A l’époque de l’enregistrement de son chef-d’œuvre Pink Floyd Dark Side Of The Moon, les Floyds sont encore un groupe underground planant qui compte toujours des rivaux comme Soft Machine et voient pointer sur leur gauche une turbulente jeune génération (Genesis. Yes). Mais les musiciens n’ont aucun doute sur le futur impact de leur huitième LP.

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Bande originale de Midnight Cowboy (John Barry), ballade tragique de Joe Buck et Rico Rizzo

Midnight Cowboy s’ouvre sur l’image d’un écran blanc et les bruyantes cavalcades d’une chevauchée fantastique. La caméra recule et le spectateur découvre un drive-in abandonné, les vestiges d’une dernière séance rythmée par les crissements d’un manège rouillé. Joe Buck est un jeune homme naïf originaire d’une bourgade du Texas devenue trop petite pour lui. Il décide de tenter sa chance à New York en devenant gigolo pour les riches ladies esseulées de Park Avenue.