Enregistré entre décembre 1965 et mai 1966 au Columbia Studios Hollywood, CA et à Abbey Road Studios London – Epic

Sorti en septembre 1966, Sunshine Superman, est un disque charnière dans la carrière de Donovan. Situé entre le très folk Fairytale (novembre 1965) et le psychédélique Mellow Yellow (mars 1967), Sunshine Superman fit de Donovan l’un des précurseurs du folk-rock.

Dès les premières mesures du titre Sunshine Superman, on plonge dans le nouveau monde musical de Donovan. Exit le Donovan des premiers albums, la guitare folk et l’harmonica à la Bob Dylan font place à des arrangements baroques et psychédéliques qui offrent aux chansons d’étranges couleurs. Cette mutation est en grande partie due aux nouveaux collaborateurs de Donovan, le producteur Mickey Most et le génial arrangeur James Cameron.

Ainsi, la chanson Sunshine Superman est un patchwork de sons émanant d’instruments aux horizons très variés : clavecin emprunté à la musique classique, guitare électrique aux accents rock jouée par Jimmy Page himself et contrebasse jazzy. A noter que le titre de travail de Sunshine Superman était For John and Paul et que la chanson a pour sujet le départ de la petite amie de Donovan qui venait de le quitter pour s’installer vivre aux Etats Unis.

Deux titres de Sunshine Superman, Three king fishers et The fat angel marquent l’une des toutes premières incursions de Donovan dans la musique indienne. The fat angel est dédiée à Mama Cass alias Cass Elliott, chanteuse des Mamas and Papas. Dans cette chanson, Donovan fait également allusion à un autre groupe de la baie de San Francisco, le Jefferson Airplane qui deviendra par la suite légendaire.

Bert’s blues, morceau dédié au guitariste écossais Bert Jansch qui fut l’un des fondateurs du groupe Pentangle est peut-être la chanson de l’album dotée de la construction la plus complexe. Car, bien que sonnant essentiellement jazzy avec notamment un solo de saxophone qui conclut le morceau, Bert’s blues est enrichie par un pont baroque dans lequel se croisent un clavecin et un quatuor à cordes.

L’album comporte également le menaçant Season of the witch qui est avec Mellow yellow l’un des titres les plus connus de Donovan. Une fois encore, les arrangements où se mêlent guitares rock et orgue baroque sont superbes. Mais c’est la prestation vocale de Donovan qui retient le plus l’attention.

Tout comme les arrangements, les textes véhiculent des ambiances étranges. Ainsi, Guinevere et son texte inspiré par la légende arthuréenne plonge l’auditeur dans une ambiance médiévale. Le troubadour Donovan est au château de Camelot et admire la belle reine Guenièvre.

Ainsi, en mêlant des instruments électriques à son folk, le très sous-estimé Donovan a été l’un des précurseurs du folk-rock. De même qu’en intégrant des sonorités indiennes et des instruments classiques à ses chansons, il a contribué à jeter les bases du psychédélisme à l’anglaise.

Nul doute que la densité, le mystère et la mélancolie qui se dégagent de Sunshine Superman (réécoutez Celeste et Legend of a girl child Linda) eurent une influence majeure sur le jeune Nick Drake, autre fervent admirateur de Bert Jansch, quand il composa quelques années plus tard le mythique Five leaves left.

© Guillaume Lebouis

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Influence sur les Beatles ? : Nul doute que cet album majeur a exercé une profonde influence sur toute une génération de musiciens, et même sur les Beatles ; en effet, un court segment de pellicule filmé pendant l’enregistrement de « A Day In The Life » (auquel Donovan a d’ailleurs participé) de l’album Sgt. Pepper’s montre un électrophone sur lequel tourne Sunshine Superman.

Linda Lawrence : La ballade « Legend Of A Girl Child Linda » fait référence à Linda Lawrence, sa muse, future mère de deux de ses enfants, et ex-petite amie de Brian Jones. Elle lui inspirera de nombreux titres. Donovan déclara dans une interview : Linda est dans toutes mes chansons, Sunshine Superman, Hampstead Incident, Young Girl Blues… Linda’s the muse.

L’ile greque avec Gypsy Dave : Après l’enregistrement de ce que Donovan pensait être son chef d’oeuvre, les problèmes juridiques entre maisons de disque commencent. Donovan est persuadé que l’album ne va jamais sortir. En juin 1966, il se fait arrêter pour possession de drogue. L’affaire l’empêche d’aller aux Etats-unis faire la promotion de son album. Déprimé, il se retire sur une ile greque avec son ami Gypsy Dave.

Quelques mois plus tard, Donovan recoit un coup de téléphone (le seul du village). Son manager lui apprend que le single Sunshine Superman est n°1 aux US. Donovan et Gypsy Dave n’ont pas suffisememnt d’argent pour regagner Londres. Le propriétaire du pub local et du seul téléphone du coin lui propose assez d’argent pour rejoindre Athène (ou deux billets d’avion les attendent) en échange de son tourne disque et des trois albums emportés sur l’île : Sunshine Superman, Revolver des Beatles et le premier album de Leonard Cohen.

Ami proche…trop proche

A cette époque, Donovan, ami proche des Beatles, est comme ces derniers en quête d’une musique à la fois innovante et empreinte d’un certain psychédélisme. Mickie Most, son producteur, lui déconseille fortement de jouer les titres de son album à Paul McCartney, persuadé que le mélodiste des Fab four serait tenté de le copier.

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CREDITS : Donovan : voix, guitare folk. guitare électrique sur piste 6 – Jimmy Page : guitare électrique  sur piste 01. – Eric Ford : guitare électrique  sur piste 1 et Museum. – Don Brown : guitare électrique  sur pistes 06, 07 et Superlungs. – Bobby Ray : basse  sur pistes 04, 06, 07, 09, 10, Breezes Of Patchulie et Superlungs. – Spike Heatley : basse  sur piste 01. – John Paul Jones : basse  sur piste 01. – Fast Eddie Hoh : batterie  sur pistes 06, 07, 10, Breezes Of Patchulie et Superlungs. – Bobby Orr : batterie  sur piste 1 et Museum. – Candy John Carr : bongos  sur pistes 03, 04, 08 , 09. – Tony Carr : percussion sur piste 1 et Museum – Shawn Phillips : sitar sur pistes 03, 04, 08, 09, 10 and Breezes Of Patchulie. – Lenny Maitlin : orgue sur pistes 06, 10, Breezes Of Patchulie et Superlungs. – Cyrus Faryar : violon. Bouzouki sur pistes 10 et Breezes Of Patchulie. – Peter Pilafian : violon électrique sur pistes 03, 07, 08, 10 et Breezes Of Patchulie. – Harold McNair : flûte sur Museum. – A. Friend : violon – Mickie Most : producteur – John Cameron : arrangements sur pistes 02 et 05. Harpsichord sur pistes 01, 02, 05. – Dick Smith : design

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