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Earth Wind and Fire Alive in’75, concerts d’anthologie au groove extatique

Pour devenir une formation de premier plan, il manque encore au groupe Earth, Wind & Fire un hit incontournable susceptible de transcender les frontières de la soul pour toucher tous les publics. L’occasion lui en est donnée par le biais d’un projet cinéma lorsque Maurice White est sollicité en 1975 par Hollywood pour écrire la B.O. du film That’s The way Of The World, l’histoire d’un producteur de disques (interprété par Harvey Keitel) qui cherche à pousser la carrière d’un jeune groupe inconnu contre l’avis bassement commercial de ses patrons.

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Attica Blues (Archie Shepp), vibrantes émotions black, brown and beige

Mai 1971 : dans les studios de Rudy Van Gelder, Archie Shepp enregistre son prochain album pour la firme impulse! au titre pas moins évocateur que les précédents, « Things Have Got To Change ». Septembre 1971 : une émeute éclate dans la prison d’Attica (New York), suite au décès brutal, le 21 août, de l’activiste du Black Panther Party George Jackson dans la prison de Saint Quentin.

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Sex Machine (James Brown), clef de voûte de la discographie brownienne

On ta dit : ce double album est deux choses à la fois. Pierre angulaire de l’histoire de la musique noire, clef de voûte de la discographie brownienne. Il propose un souvenir du formidable modèle dit du mâle noir urbain 70 jetant ses ordres à la cantonade :“Ne me donnez rien/ Ouvrez-moi juste la porte/ Je me servirai tout seul ”. Bien des années après, musardant sur l’infernal impact de son titre chaudière, James affirmerait : “Cette chanson, ‘…Sex Machine’, ah… J’ai mis bien des choses dedans. ” Tout est resté : blues, soul, rhythm’n’blues et le vieux mojo vaudou en prime, tout est là, un chef-d’œuvre funk qui déchire velu, pour des siècles des siècles, amen.

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Expensive Shit (Fela Kuti), ryhthmes obsédants et cuivres rutilants

Au cours d’une grande tournée en Californie (1968-1969), Fela Kuti fait son entrée en politique après la lecture de The Autobiography of Malcolm X que lui a donnée Sandra Taylor, membre des Blacks Panthers. De retour à Lagos en 1971, il change le nom de son groupe en Africa 70, et transforme sa concession, une grande demeure, en une république où il ouvre un night-club, The Shrine (le Sanctuaire).

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Blue (Joni Mitchell), harmonies virginales et poésie désabusée

Après ses trois premiers albums, Joni Mitchell éprouve le besoin de prendre de la distance vis-à-vis d’un succès aussi croissant qu’angoissant. Elle témoignera quelques années plus tard au sujet de ce sentiment d’insécurité : « A l’époque, je me sentais sans défenses, comme l’emballage de cellophane d’un paquet de cigarettes, comme si je n’avais plus aucun secret pour le monde. Je n’étais ni forte ni heureuse. »

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Kind Of Blue (Miles Davis), ou la quintessence du jazz modal

Miles vient alors de rencontrer un grand succès commercial avec Miles Ahead (1957) et Porgy & Bess (1958), deux disques enregistrés en grand ensemble sous la direction de l’arrangeur Gil Evans. Mais, en ce début d’année 1959, Miles Davis aspire à réintégrer le studio de la 30th Street avec une formation réduite. Il sait que son sextet est prêt maintenant à donner corps à son projet d’album entièrement basé sur la libre interprétation et les principes de la modalité.

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Abbey Road (The Beatles), l’ultime opus des Fabs four

Sur la pochette, pas de titre ni de nom de groupe. Kosh, le directeur artistique qui a orchestré ce visuel légendaire, a justifié son choix lors d’une interview pour la BBC en 2009, à l’occasion du quarantième anniversaire de la sortie The Beatles Abbey Road : “Je leur ai assuré qu’on n’avait pas besoin d’écrire le nom du groupe sur la pochette. Ils étaient le groupe le plus célèbre du monde, après tout.

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1999 (Cassius), LP fonctionnel à l’euphorie contagieuse

Difficile d’échapper aux uppercuts calibrés Cassius, star programmée de la house française. C’est curieusement avec ce projet Cassius 1999, le plus sage d’une déjà riche carrière, que Hubert Boombass et Philippe Zdar, parrains de la French touch, devaient remporter leur premier titre mondial avec 1999, un album fonctionnel à l’euphorie contagieuse.

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Maggot Brain (Funkadelic), magnifique bâtardise stylistique et partouze funkadélique

« La Terre Mère est enceinte pour la troisième fois, et c’est vous tous qui l’avez engrossée. J’ai goûté les asticots de l’esprit universel, et je ne me suis pas senti offensé. Car je savais que je devais m’élever au-dessus de tout cela sous peine de me noyer dans ma propre merde ».C’est par cette citation apocryphe que débute Maggot Brain, album marquant la mise sur orbite de la fusée Funkadelic, groupe de légende fondé par George Clinton, premier fils d’une famille de neuf enfants, né dans la misère le 22 juillet 1942 à Kannapolis, minuscule bourgade de Caroline-du-Nord.

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Uprising (Bob Marley), second volet d’un triptyque inachevé

Second volet d’un triptyque qu’il ne pourra jamais achever, Uprising est encore plus sombre et plus sobre que Survival. Marley décide de délaisser définitivement les cuivres pour décupler l’impact du socle basse-batterie. Il poursuit ses fusions funk (« Pimper’s Paradise ») et disco (« Could You Be Loved ») en sublimant le jeu de guitare de l’Américain Al Anderson (sur « Zion Train » par exemple).

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Wish You Were Here, Pink Floyd convoque les fantômes de son passé

En décembre 1973, la crise au sein du groupe couve depuis déjà un an. Le groupe a repris en traînant les pieds le chemin d’Abbey Road pour travailler sur un projet d’album en friche depuis deux ans et intitulé Household Objects.Avant d’enregistrer Pink Floyd Wish You Were Here, le groupe est totalement paralysé par l’enjeu de devoir donner une suite à The Dark Side of the Moon. Pink Floyd tente une manœuvre de diversion en se lançant dans cette entreprise hasardeuse d’un disque uniquement réalisé à partir d’objets usuels comme du ruban adhésif, des allumettes, des verres à pied ou des outils.

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Two Sevens Clash (Culture), pilier du reggae roots

Une pièce maîtresse du reggae roots, un album qui a su capturer l’essence même d’un peuple et d’une spiritualité, voici ce qu’est Two Sevens Clash. Profondément rasta et jamaïcain, Joseph Hill, le leader charismatique du trio vocal, offre une synthèse parfaite de ce que le reggae roots a pu être à son âge d’or : des textes gorgés de foi rasta et de militantisme panafricain mêlés à des compositions reggae riches de sonorités en provenance directe d’Afrique et du folklore des Caraïbes.

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Transformer (Lou Reed), le meilleur album de David Bowie ?

Après quatre albums officiels du Velvet Underground, Lou Reed, exsangue, fauché et humilié par les échecs systématiques, finit en 1970 par laisser le groupe à la dérive, qui sortira même sans lui un ultime album, Squeeze, en 1973. Battu, abattu, il songe à tout abandonner, pour reprendre l’entreprise paternelle de comptabilité. Pour gagner de l’argent de poche et financer des régimes alimentaires qu’il a décidé d’opposer à son hygiène de vie chaotique, il ramasse les poubelles sur les plages de Long Island, gère de la paperasserie pour son père.