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Une histoire du Vocodeur, de Winston Churchill à Daft Punk

Quel est le point commun entre Alexandre Soljenitsyne et les Daleks de Dr Who, Winston Churchill et le Pack Jam’s des Jonzun Crew ou encore Joseph Staline et Milli Vanilli ? Le vocodeur.Du discours politique à la rengaine disco, ils ont tous eu recours à un moment ou l’autre à un vocodeur pour diffuser leurs messages. C’est en grande partie ces relations insoupçonnées que Dave Tompkins s’est employé à relever dans son ouvrage « How to Wreck a Nice Beach : The Vocoder from World War II to Hip-hop ».

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Murder ballads (Nick Cave & the Bad Seeds), la bagatelle de soixante-cinq victimes

En activité depuis l’orée des années 1980 avec The Birthday Party puis les Bad Seeds, Nick Cave était à la recherche d’un second souffle une douzaine d’années plus tard; sa poésie noire et son rock tranchant gagnent en popularité avec l’album «Let Love In» (1994), sur lequel il n’a pas réussi à caser le titre O’Malley’s Bar, chanson fleuve de près de quinze minutes retraçant le meurtre de sang-froid de tous les clients du bar en question.

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Handsworth Revolution (Steel Pulse), Reggae fusion made in Birmingham

En 1977, c’est depuis Birmingham, la capitale des Midlands, que vient la meilleure réponse de la communauté jamaïquaine aux punks londoniens. Son nom : Steel Pulse, une pulsation d’acier mise au service des riddims les mieux aiguisés. Même rage au ventre, même envie d’en découdre avec le National Front, ces enfants d’immigrés inventent une autre façon de jammer, plus rauque, plus fonk, pas moins reggae.

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Rosemary’s baby (Krzysztof Komeda), pinacle de la collaboration Polanski Komeda

Tout le monde connaît Krzysztof Komeda…sans le savoir. Oui, tout le monde a vu Rosemary’s baby, ou presque. Mais peux connaissent l’auteur de l’intrigante musique du film de Polanski, la berceuse du générique susurrée par une sensuelle voix féminine, n’était autre que le taciturne et charismatique Komeda, Polonais d’origine, venu à Hollywood à la demande de son grand ami et déjà star Roman Polanski.

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Workin’ Together (Ike et Tina Turner), deux enfants terribles chauffés à blanc

En 1971, Ike & Tina proposent l’album «Workin’ Together» publié par Liberty qui va passer une dizaine de mois dans le hit-parade américain, en grimpant jusqu’à la vingt-cinquième position. Décidément rock, il contient une moitié de titres signés Ike Turner, Eki Renrut (son pseudo) et Aillene Bullock (autrement dit Tina). Le reste étant consacré à un choix de reprises impeccables dont Get Back des Beatles, Proud Mary de Creedence Clearwater Revival et Ooh Poo Pah Doo de Jessie Hill.

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B.O. de Il était une fois en Amérique, un des scores les plus ambitieux d’Ennio Morricone

Au sommet de son art symphonique, Ennio Morricone compose la BO la plus mélancolique de l’histoire du cinéma, sublime de lyrisme et d’émotion retenue, et offre à la rêverie de Leone sur le temps perdu (Once upon a Time in America), l’amour impossible (Deborah’s Theme) et la trahison une atmosphère musicale et une poignée de thèmes magnifiques, tous écrits douze ans avant le premier jour de tournage !

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Ennio Morricone, créateur de formes et passeur d’atmosphères

Ennio Morricone n’est pas seulement le plus célèbre et adulé compositeur de musiques de films. Son importance dans le paysage cinématographique et musical mondial (sa carrière américaine est loin d’être négligeable) ne se limite pas non plus à son immense contribution, qualitative et quantitative, dans le domaine de la bande originale. Ennio Morricone symbolise à lui seul la vitalité passionnante du cinéma italien des années 1960-1970, véritable passeur entre le divertissement et la poésie, le commerce et la politique, l’industrie et l’art.

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Moon Safari (Air), la bande originale d’un film à imaginer

Comme le Homework de Daft Punk, le premier Air fait partie de ces albums dont les vidéos promotionnelles prolongent l’histoire et soulignent délicatement l’état d’esprit. Si les clips tirés des singles de Moon Safari sont d’indispensables compléments visuels aux morceaux du duo français, c’est parce qu’ils sont signés par le réalisateur et graphiste américain Mike Mills, également responsable de toutes les pochettes d’Air première époque, mais aussi du film sur la première tournée internationale du groupe, Eating, Sleeping, Waiting and Playing.

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Introducing Rubén González, ou l’histoire d’une résurrection

Longtemps , le pianiste cubain Ruben Gonzalez fut l’un des trésors cachés de la musique cubaine. A l’instar de Compay Segundo et d’Ibrahim Ferrer, le monde l’a découvert à travers l’album collectif Buena Vista Social Club et sa version en images signée Wim Wenders. Malgré une arthrite sournoise qui le diminuait, il créait d’immenses enchantements dès qu’il se mettait au piano.

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Pieces Of A Man (Gil Scott Heron), critique du consumérisme de l’Amérique moyenne

Après un premier vinyle publié en 1970 sur le label Flying Dutchman de Bob Thiele, la collaboration entre Scott-Heron et Thiele va s’étendre au-delà de la collection de poèmes dits sur fond de congas qui composent Small Talk At 125th And Lennox. Dès son baptême de studio, Gil Scott Heron dévoile l’œcuménisme de son regard critique en égratignant aussi bien les bourgeois afro-américains de gauche que le consumérisme de l’Amérique moyenne, pavillonnaire et décérébrée.

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Under Construction (Missy Elliot), manifeste old school version 00’s

Missy Elliott entame son quatrième album en expliquant qu’elle se considère toujours comme « un projet en chantier ». Il faudra qu’elle pardonne à ses fans de ne pas partager son avis. Du grincement impudent de l’intro Go to the floor au remix groovy de Work it qui clôt l’album, Under construction est l’œuvre d’une artiste hip-hop qui sort ici son plus beau jeu.

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Chicago, matrice de toutes les expériences afro-américaines

Forte de son potentiel industriel, Chicago devient au début du XXe siècle l’une des plaques tournantes des exilés ruraux du Deep South, qui fuient tout autant une précarité économique qu’une ségrégation sauvage. Dans leurs bagages, ils emportent le blues qui va bientôt muter en se connectant à la grande ville de l’illinois : Muddy Waters, élevé dans les plantations du Delta du Mississippi, troque ainsi sa guitare acoustique pour une électrique. Il n’est pas le seul à se convertir après-guerre.