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Sly Stone, un gouffre dans l’histoire de la musique noire

D’un point de vue historique, la contribution de Sly Stone à l’évolution de la musique est multiple : outre l’affirmation d’une conscience sociale aiguë que l’on a pu retrouver par la suite dans le meilleur du hip-hop, le funk lui doit sa popularisation, sur un pied d’égalité avec James Brown ; c’est également lui qui a introduit le principe de la création collective dans l’univers black, ouvrant la voie à Parliament/Funkadelic et aux Isley Brothers, jusqu’à influencer les expérimentations du Miles Davis des années électriques.

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The Head on the Door (The Cure), séries de perles sombrement nacrées

Après avoir enregistré sa trilogie infernale puis tenté un virage pop, histoire de remettre un peu de lumière dans la maison (The Top), The Cure semble arriver à un point névralgique de sa carrière. Quel chemin prendre alors ? Comment continuer à vivre ? Instinctivement, Robert Smith semble trouver la réponse dans un mélange astucieux de toutes ses personnalités musicales. The Head on the Door est en effet un album aux mille facettes, aux mille atmosphères.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Frank Zappa, rocker hybride débridé métissé de musiques noires

Rocker métissé de musiques noires ayant des accointances avec les harmolodies d’Ornette Coleman, le jazz d’Eric Dolphy, l’écriture polyphonique de la Renaissance, la musique classique indienne, le Sprechgesang … Frank Zappa, hybride débridé fait exploser les barrières en égalisant un terrain où John Cage et Elmore James sont indissociables et sur lequel il invitera, notamment lors de ses concerts, Archie Shepp et Sting, Michael Brecker et Roland Kirk.

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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Pharrell Williams, à la fois avant-gardistes et populaires

Comment expliquer que Pharrell Williams, avec son entité Neptunes (lui et son acolyte Chad Hugo) ou Nerd (les mêmes, plus le chanteur Shay), ne sorte que des albums quasi confidentiels (même s’ils recèlent quelques semi-tubes) alors que leur travail de producteurs et de compositeurs pour Snoop, et des dizaines d’autres, s’écoule par wagons ? Pharrell Williams est un cas unique dans cet univers. Il est à la fois le plus grand musicien des années 2000, et en même temps l’un des visages les plus médiatisés.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.

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Allen Toussaint, peindre en musique la dignité du Sud noir américain

Ce saint patron du génie musical de la Nouvelle-Orléans est un homme de l’ombre. Davantage auteur-compositeur et producteur qu’interprète, c’est en toute discrétion qu’il a fait entrer l’exubérance du funk sudiste dans le vocabulaire de la soul et du rock. En l’écoutant égrener ses souvenirs avec une nostalgie pudique teintée d’humour, dans le décor moite dessiné par son piano, on comprend la mission que s’est fixée Allen Toussaint depuis un demi-siècle : peindre en musique la dignité du Sud noir, en valorisant sa luxuriance culturelle.

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Standards (Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette), trio d’une liberté insensée

1977 et la sortie chez ECM de l’album Tales Of Another de Gary Peacock est l’acte de naissance du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack Dejohnette.Le trio se « forme » six ans plus tard à l’initiative de Keith Jarrett, et jusqu’en 2015, il va s’appliquer à épuiser les potentialités apparemment illimitées de leur travail collectif, inventant une musique d’une liberté insensée et d’une exigence totale. Lorsqu’en 1983, le premier enregistrement du nouveau trio de Keith Jarrett standards sort, il fait l’effet d’une bombe. Après les musiques enregistrées dans des contextes différents (en solo, en trio avec Charlie Haden et Paul Motian entre 1966 et 1976, en quartettes), le pianiste propose un album de standards.

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Motown Records, la great black music selon Berry Gordy Jr

Jackson 5, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Smokey Robinson ou les Supremes. Ce ne sont que quelques-uns des représentants d’un son qui a séduit toute la planète. La famille Motown et son maître à penser Berry Gordy Jr, compositeur, producteur et surtout homme d’affaires. Pas le genre à se contenter de quelques tantièmes, prélevés sur les droits d’auteur. Dans les années 60, il bâtira un véritable empire.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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Jazzmatazz vol. I + Guru, une fusion inédite entre rap et jazz

Autant résolu à répondre à la critique conservatrice qu’à partager son intérêt profond pour la musique, Keith Elam aka Guru entreprend une fusion inédite entre rap et jazz grâce à un panel d’artistes prestigieux comme Roy Ayers, Donald Byrd, Lonnie Liston Smith, Ronny Jordan, Branford Marsalis ou Carleen Anderson.

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The Pretty Things, un rayonnement souterrain mais essentiel

La plupart du temps, lorsqu’on évoque les groupes anglais des années 60, on commence par les mods : Kinks, Who, Small Faces… Les Beatles sont définitivement inclassables et pour les rockers, on se limite généralement aux Rolling Stones. C’est négliger l’importance de the Pretty Things, groupe méconnu, mais qui a ouvert quelques brèches avant tout le monde.

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), onirique, symphonique, érotique, mythique

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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Sly Stone, un gouffre dans l’histoire de la musique noire

D’un point de vue historique, la contribution de Sly Stone à l’évolution de la musique est multiple : outre l’affirmation d’une conscience sociale aiguë que l’on a pu retrouver par la suite dans le meilleur du hip-hop, le funk lui doit sa popularisation, sur un pied d’égalité avec James Brown ; c’est également lui qui a introduit le principe de la création collective dans l’univers black, ouvrant la voie à Parliament/Funkadelic et aux Isley Brothers, jusqu’à influencer les expérimentations du Miles Davis des années électriques.

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There’s A Riot Goin On (Sly & The Family Stone), du funk…mélancolique

Deux ans après l’explosion multicolore Stand ! et le triomphe de Woodstock, Sylvester Stewart et sa famille inventent le funk triste. Les quarante-neuf minutes de There’s A Riot Goin’ On font figure d’épouvantail dans la production soul funk des early seventies. Largement enregistré en solo par Sly avec néanmoins des featurings non déclarés de Bobby Womack, Wah Wah Watson et Billy Preston —, le cauchemar dense et défoncé de ce disque sombre fascine presque autant qu’il effraie.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

« La bande-son de ma vie était déterminée par mon environnement, c’était une cacophonie », se souvient Martin Scorsese dans Scorsese, l’émotion par la musique, le documentaire de Clara et Robert Kuperberg. Dans les films du cinéaste, cette cacophonie s’exprime au travers de bandes originales divisées en deux catégories : d’un côté, les morceaux rock qui ont imprégné sa jeunesse, notamment ceux des Rolling Stones, qui ont illustré pas moins de cinq de ses longs-métrages ; de l’autre, les scores instrumentaux (Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver et Peter Gabriel pour La Dernière Tentation du Christ).