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Sly Stone, un gouffre dans l’histoire de la musique noire

D’un point de vue historique, la contribution de Sly Stone à l’évolution de la musique est multiple : outre l’affirmation d’une conscience sociale aiguë que l’on a pu retrouver par la suite dans le meilleur du hip-hop, le funk lui doit sa popularisation, sur un pied d’égalité avec James Brown ; c’est également lui qui a introduit le principe de la création collective dans l’univers black, ouvrant la voie à Parliament/Funkadelic et aux Isley Brothers, jusqu’à influencer les expérimentations du Miles Davis des années électriques.

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Betty Davis, explosive et torride diva funk

La quête de Betty Davis était celle d’un Funk-rock vindicatif et abrasif, empreint d’une fureur maîtrisée. Son comportement outrancier à connotation sexuelle sur scène, et des paroles parfois délurées et torrides lui attire les foudres d’une frange de la communauté noire. Elle lui reproche ouvertement de ne pas donner une bonne image des afro-américains. Une certaine image de l’Amérique puritaine. Qu’importe, Betty persiste et signe. Entre Funk lourd, Heavy-rock mid-tempo, souvent surchargé d’érotisme déviant, elle n’offre pas d’autre choix que la soumission.

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Blonde On Blonde (Bob Dylan), le son sauvage du mercure

A  l’automne 1965, Dylan, dont les disques se vendent alors comme des petits pains (au mois de mai, il a classé pas moins de trois albums – Bringing It all Back Home, The Freewheelin’ et The Times They Are A-Changin’ – dans le Top 10), se met à composer les premiers morceaux de ce qui plus tard constituera Blonde on Blonde.

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Tago Mago (Can), pierre philosophale du rock underground des 70’s

Fantastique cas d’école que celui de ce groupe allemand rassemblant des personnalités totalement dissemblables, soit deux anciens élèves de Stockhausen, Irmin Schmidt (orgue, piano) et Holger Czukay (basse) qui localisent un batteur de free-jazz excédé de ne pouvoir jouer que des polyrythmies (Jaki Liebezeit) et un jeune guitariste fou du Velvet et de Hendrix, Michael Karoli.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham (patron du Fillmore, etc.), Santana se fait connaître localement dans un premier temps, avant d’être propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément, contenant les classiques Evil Ways, Jingo et Soul Sacrifice. Un an plus tard, sous sa pochette peinte par Mati Klarwein (qui signe la même année celle de « Bitches Brew » de Miles Davis), « Abraxas » impose définitivement son stupéfiant mélange de rock, blues et salsa, ainsi que l’éblouissante virtuosité de son leader à la guitare.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

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L’Ecole du micro d’argent (IAM), contestation sociale sur fond de références mythologiques

Sur 16 pistes, les Marseillais dépeignent leur univers, un monde où la contestation sociale se fait sur fond de références mythologiques et de clins d’œil cinématographiques, avec un brin de déconnade et de gouaille marseillaise. Tout comme le Wu-Tang Clan, IAM s’inspire d’un pan de la culture asiatique et mélange plusieurs références aux arts martiaux avec son propre attrait pour la mythologie et l’histoire du bassin méditerranéen.

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Jane Birkin & Serge Gainsbourg, je t’aime moi non plus, 69 année érotique…

Depuis 1958, date de sortie de son premier disque, Serge Gainsbourg va et vient entre ses fantasmes. Il érotise au passage la saison 69 d’un coup de rein pénétrant avec ce dixième album. Jane Birkin Serge Gainsbourg s’ouvre sur Je t’aime… et s’en prend, au premier chef, à toutes sortes de bestiaires façon zoo de Vincennes : Orang-Outan, Le canari est sur le balcon.

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Moondog, clochard céleste et Viking de la Sixième Avenue

Dans une vie, il y a trois expériences fondatrices: la première gorgée de bière, la première gorgée de chair et la première gorgée de Moondog. De Stravinsky à Stephan Eicher, de Benny Goodman à John Zom, de Charlie Parker à Frank Zappa, de Philip Glass à Elvis Costello, tous ceux qui ont goûté une fois à la musique de ce vagabond solitaire n’en sont pas sortis indemnes.

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One Nation Under A Groove (Funkadelic), Cosmic funk et brouillard pourpre

En 1978, l’empire P-Funk est sur le point de s’écrouler sous son propre poids. La démesure de tournées homériques – l’équivalent de deux équipes de foot sur scène, atterrissages de soucoupes volantes, cachets payés directement en coke — devient dérisoire face au rouleau compresseur disco. Funkadelic One Nation Under Groove sent la fin de règne mais, en partie grâce au chèque en blanc d’un nouveau deal avec Warner, compense en démesure pure.

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Donovan, savant melting pot de culture hippie et de sphère enfantine

Emanation d’un savant melting pot, entre culture hippie et sphère enfantine, l’œuvre de Donovan a été popularisée dès le milieu des années 60. Le chanteur et guitariste compte notamment à son actif, « Mellow yellow » ou encore « Sunshine Superman ». Ce sont dans les ruines d’un Glasgow encore dévasté par les raids allemands de la seconde guerre mondiale que Donovan Leitch s’initie à la poésie de la Beat generation

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In search of (N.E.R.D.), entre productions digitales et gros rock énervé

Premier groupe de la star absolue Pharrel Williams, N.E.R.D. propose, avec la sortie de In Search of, un son inédit alliant productions digitales et gros rock énervé. En ouvrant l’horizon quelque peu sclérosé d’une scène hip-hop qui avance au rythme des révolutions musicales, le trio va bousculer le rap et lui offrir une audience plus accrue. Entre le groove de « Things are Getting Better » et le rock enragé de « Lapdance » ou « Rock Star », ce premier album surprend et fédère au-delà du hip-hop.

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B.O. d’Alain Goraguer la Planète Sauvage, référence absolue de pop psyché avant-gardistes

Manifeste SF à mi-chemin entre les résidus de la culture hippie et le surréalisme visuel de Terry Gilliam, la fable politico-humaniste de René Laloux, du point de vue de l’animation, a subi les outrages du temps. En revanche, la bande-son d’Alain Goraguer la Planète sauvage fait toujours l’objet d’un culte vivace pour toute une génération de défricheurs sonores.

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Afreaka (Demon Fuzz), étrange décoction de funk progressif made in UK !

D’abord connu sous le patronyme Skatalites (à ne pas confondre avec le groupe jamaïquain) puis Interstate Road Show, Demon Fuzz tenta d’imposer un mélange éminemment singulier, croisement entre les riffs de Black Sabbath et les cuivres de Chicago Transit Authority et Blood, Sweat & Tears. Comme Cymande, autre groupe de funk britannique tout aussi culte, Demon Fuzz possédait bien des qualités pour percer. L’histoire en voudra autrement.

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Led Zeppelin whole lotta love, la foudre en rondelles de vinyle

En 1969, un commando d’Anglais fait rendre les armes à la raison, baillonne les inhibitions des kids de l’Amérique profonde. Puis de la planète teenage.En proclamant la primauté des sens, l’urgence absolue de la jouissance et le droit sacré à l’exultation des corps, Led Zeppelin Whole Lotta Love libère une génération de tout souci d’autocensure. Car, pour les gamins aux oreilles desquels l’Elvis de That’s All Right Mama fait figure d’ancêtre et le (I Can’t Get No) Satisfaction des Stones de golden oldie, la giclée de groove électrique sur laquelle débute le deuxième album de Led Zeppelin ouvre d’inouïes perspectives de plaisir.