B.O. de Across 110th street (Bobby Womack/J.J. Johnson), sommet de blaxploitation

Across 110th Street, signé en 1972 par Barry Shear. Un policier sombre et violent à l'image d’Anthony Quinn, mais aussi un manifeste politique pour le droit des minorités, porté par une bande-son signée par le tromboniste JJ Johnson, vétéran du bop alors installé à Los Angeles. Des instrumentaux classieux, et un classique imparable, le thème titre de Bobby Womack and Peace, de la soul dopée aux cordes sensibles

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B.O. de Maldonne (Vladimir Cosma), dépouillement et construction unithématique

Juste avant de devenir l’illustrateur musical attitré des pantalonnades du gaffeur Pierre Richard (et plus tard, de la Boum), Vladimir Cosma a tissé pour ce polar musculeux une fine toile orchestrale (cordes et clavecins de cristal, arrangements vaporeux) sur laquelle la sirène Christiane Legrand fait de la balançoire vocale avec une dextérité et un élan prodigieux.

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Tago Mago (Can), pierre philosophale du rock underground des 70’s

Mélange de rock tribal, répétitif, de dance music postpunk et d’expérimentation free ultime, l’univers de Can atteint une sorte de sommet barge sur son 3ème LP Tago Mago, publié en février 1971. Le cerveau du gang de Cologne alors composé d’Holger Czukay, Michael Karoli, Jaki Liebezeit, Irmin Schmidt et Damo Suzuki n’est pas dérangé, juste ouvert à toutes les influences possibles susceptibles de déstabiliser le rock’n’roll d’alors.

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Africadelic (Manu Dibango), marmite bouillante d’un groove vaudou

Après avoir livré son Soul Makossa en 1972, Manu Dibango enregistre cette même année un autre monstre musical : Africadelic. Mis en boîte en une semaine pour servir de fond sonore à des émissions de télé françaises en demande de son afro-urbain, le sens et la puissance du groove du Camerounais se chargent pourtant d’en faire autre chose qu’un simple album de commande. Paru en 1975, l’album jette des ponts entre les percussions africaines d’Olatunji et le groove hypnotique de James Brown.

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Bob Marley Survival, premier volet d’une trilogie politique

Septième album de Bob Marley and the Wailers (cinquième album studio), sorti en 1979, Survival est considéré comme le plus engagé. Les messages sont multiples, abordant à la fois les problèmes du monde, « So much trouble in the world », les dérives occidentales, « Babylon system », appelant à la lutte dans plusieurs titres dont « Top rankin » ou à l'unité dans « Africa unite ». Enregistré et mixé au tout nouveau Tuff Gong Studio, à Kingston, c'est un véritable retour aux sources après Exodus et Kaya.

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Jaco Pastorius, 1er LP solo et onde de choc jazz rock 70’s

Jusqu'en 1970, la basse est souvent considérée comme un instrument secondaire, d'accompagnement. La plupart des bassistes de jazz jouent sur des contrebasses. Jaco Pastorius, lui, joue sur une basse électrique sans frettes. Il en joue vite et fort, à la manière d'un soliste. Avec ce premier album homonyme sorti en 1976, celui qui s'enduit les doigts de graisse de poulet avant de monter sur scène, va donner ses lettres de noblesse à la basse jazz.

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B.O. d’il était une fois la Révolution (Ennio Morricone), un certain romantisme doux-amer

Après le triomphe historique d'Il était une fois dans l'Ouest (1968), Sergio Leone retrouve le genre du western et pour la 5ème fois son compositeur fétiche Ennio Morricone. Pour la bande sonore, le compositeur italien renoue avec son sens de l'insolite à travers une instrumentation innovante. Son thème principal, Giù la Testa (du nom du film en italien) donne le ton, avec ses envolées lyriques accentuées par la voix sublime d'Edda Dell'Orso.

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B.O. de Beetlejuice (Danny Elfman), seconde collaboration avec Tim Burton

Comédie fantastique et iconique de Tim Burton, Beetlejuice raconte l’histoire de deux jeunes mariés qui, suite à leur décès, deviennent des fantômes hantant leur ancienne maison. Ils font alors appel à un « bio-exorciste » excentrique (Michael Keaton), afin de faire fuir les nouveaux occupants. Très loin de l’univers de Oingo Boingo (groupe dont il est alors toujours membre), Danny Elfman signe avec Beetlejuice sa seconde collaboration avec Tim Burton – et sa sixième musique de film.

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John Martyn Solid Air, chef d’œuvre de british folk-blues

Si son nom reste méconnu, John Martyn a pourtant rayonné au cœur de la scène folk londonienne de la fin des sixties aux côtés de Bert Jansch, Ralph McTell ou Al Stewart. Il a signé quelques-uns des grands disques de l’Angleterre folk-blues de l’époque. Parmi eux Solid Air, sorti en 1973, reste son chef-d’œuvre. Entre improvisations débridées, mélodies aériennes, chant hanté et à peine articulé, gémissant quelque part entre Van Morrison, Tim Buckley, Coltrane et Skip James.

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Cartola, 1er LP du sambiste de Mangueira

Populaire dans les années 30, Cartola sombre à la mort de sa femme et n’est retrouvé que beaucoup plus tard, en 1956, par le journaliste Sergio Porto : il est alors… laveur de voitures ! L’amitié du journaliste ramène Cartola à la vie. Il devient un ambassadeur de la samba des favelas. Mais si Cartola a composé plus de 500 chansons, interprétées par nombre d'artistes (Elizeth Cardoso, Clara Nunes, Beth Carvalho), lui-même n’enregistrera son premier disque qu’en 1974.

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Ogassa Original, groove béninois ultra confidentiel

L'histoire d'Ogassa est courte. Le groupe n'a publié qu'une poignée d'enregistrements et disparu dans des circonstances tragiques. Acid Jazz records, label fondé par Gilles Peterson, réédite depuis quelques années des disques de l'énigmatique label Albarika Store, une mine d'or de morceaux afro originaires du Bénin. L'un de ces joyaux est l'ultra rare Ogassa Original (Vol. 1), deuxième LP de l'obscur groupe de Porto Novo datant de 1978.

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Oedipus Schmoedipus (Barry Adamson), de la soul cinématographique

Barry Adamson s'est fait un nom sur la scène post-punk britannique en tant que bassiste de premier rang, avec Magazine et The Bad Seeds. Fin des années 80, il amorce une carrière solo. Quand « Oedipus Schmoedipus » sort en 1996, cela fait déjà dix ans que Barry Adamson vole de ses propres ailes. De Moss Side story (1989) à Soul Murder (1992), ses premiers albums sont une suite de B.O. pour films imaginaires, toutes inspirées d’une passion intime pour la véritable musique de film. Pour « Oedipus Schmoedipus », Barry puise dans le gospel, le rock et le jazz.

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Shades of Blue (Madlib), main basse sur le catalogue Blue Note

Shades of Blue est le fruit d'un projet unique où l'un des plus grands noms du hip-hop indé, Madlib, s'approprie le plus beau catalogue du jazz. Visionnaire poétique et hyper productif connu notamment pour ses collaborations avec J-Dilla (Jaylib), MF Doom (Madvillain) et Talib Kweli, Madlib se lance dans une aventure sans pareil en 2003 quand le label Blue Note lui donne accès à ses archives. Madlib revisite le "Mystic Brew" de Ronnie Foster, le "Footprints" de Wayne Shorter mais aussi des titres de Donald Byrd...

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B.O. du Pacha, Requiem pour une collaboration Gainsbourg Colombier

En 1968, le Pacha, polar sec et fracassant de Georges Lautner, consolide la relation Jean Gabin / Serge Gainsbourg. Gainsbourg et son complice Michel Colombier troussent un historique "Requiem pour un con", à l'accompagnement exclusivement rythmique, pleinement raccord avec le reste de la partition, entre jerks, batacudas et reprises instrumentales du fameux Requiem.

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B.O. de « l’affaire Thomas Crown » (Michel Legrand), presque un film musical

"J'arrivais en Amérique dans le but de vivre de nouvelles aventures après dix ans de cinéma français avec la Nouvelle vague". Quatorze ans après ses débuts de compositeur pour l'image avec les Amants du Tage (1954) d'Henri Verneuil, Michel Legrand, encore auréolé du formidable succès des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, se donne le challenge de l'Amérique.

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Prelude (Eumir Deodato), sommet d’une odyssée jazz-funk chez CTI

Figure emblématique du pop-funk des 70's, le nom d'Eumir Deodato reste indéfectiblement associé à sa reprise d'Also Spracht Zarathoustra, de Richard Strauss issu de son premier LP pour le label CTI. Enregistré à New York en trois jours en Septembre 1972, la formule, simple, tient dans la réinterprétation, entre autres, d'airs du répertoire classique à la sauce moderne (piano électrique Fender Rhodes, pédale wah wah). Le disque doit beaucoup aux prodigieux rythmes syncopés du guitariste John Tropea comme à ses soli qui louchent du côté du meilleur du jazz rock.

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Cymande, 1er LP funk calypso ou Nyah-rock

Avec la sortie de leur premier album éponyme en 1972, Cymande s'imposent comme des innovateurs sur la scène musicale noire britannique. S'inspirant de leurs racines guyanaises et jamaïcaines, le groupe mélangent lignes de basse reggae, percussions Nyabinghi aux accents afro, touches psychédéliques et funk à l'américaine pour créer un son unique qu'ils ont depuis baptisé "Nyah-rock".

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B.O. de Bullitt (Lalo Schifrin), mètre étalon musical du polar urbain

La bande originale de Bullitt, petit thriller policier parano de Peter Yates dont l'histoire retiendra surtout la prestation de Steve McQueen, est un modèle de raffinement mélodique, rythmique et harmonique. L'œuvre de Lalo Schifrin emprunte aussi bien au jazz qu'à la pop music, au blues qu'à la musique brésilienne. Avec cette bande son, Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique et place haut la barre pour les B.O. à venir.

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Five Leaves Left (Nick Drake), folk progressif aux atmosphères sombres

Le premier album de Nick Drake Five Leaves Left, sorti en 1969 dans une quasi-indifférence, s’est imposé avec le temps comme un chef-d’œuvre. Sa musique est enracinée dans le folk anglais, dans l’onirisme de Ravel, de Debussy, dans la caressante apesanteur du bossa-noviste João Gilberto. Quelques mesures de River Man suffisent à vous plonger dans le mystère drakien. Pas plus que ne l’était Rimbaud, Nick Drake “n’est pas au monde”, et Five Leaves Left témoigne de cette étrangeté radicale.

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Discothèque idéale selon DJ Premier

Dire que le producteur new-yorkais est un pionnier serait un rien convenu - c'est pourtant ce qui lui correspond le mieux. Ce natif de Houston a été aux commandes des albums les plus légendaires du rap, de Illmatic à Ready To Die en passant par Reasonable Doubt, s'imposant comme…

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Discothèque idéale selon Alicia Keys

Chanteuse afro-américaine, Alicia Keys est indissociable du piano qui fit son succès en 2001, porté par les chansons « Fallin » et « A Woman's Worth » de l'album « Songs in a Minor ». Alicia commence sa carrière très jeune, la jeune diva de la soul a su imposer et interpréter ses propres compositions…

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Discothèque idéale selon Bruno Mars

Pour comprendre comment s'est construit Bruno Mars, il faut d'abord réviser ses classiques hip-hop, de 2Pac à The Roots. L'auteur d'« Uptown Funk » puise aussi son inspiration dans les accords entraînants de spécialistes du funk comme Earth Wind & Fire. Quant à ses talents scéniques, ils doivent beaucoup…

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I Want You (Marvin Gaye), une âme funk, lyrique et obsessionnelle

La peinture du grand Ernie Barnes utilisée pour la pochette d’"I Want You" résume à la perfection cet album paru en mars 1976 : dans un sous-sol enfumé, des couples s’abandonnent à des sons chauds et cuivrés. Torride ! Dans la réalité, Marvin Gaye signe ici la suite de "Let’s Get It On" dont il donne une version très influencée par le disco qui fait alors fureur. Mais un disco gorgé de funk pur. Dédié à celle qui deviendra sa seconde femme, Janis Hunter, I Want You garde une âme funk, lyrique et obsessionnelle.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham, Santana est propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément. Un an plus tard, sous sa pochette peinte par Mati Klarwein, « Abraxas » impose son stupéfiant mélange de rock, blues et salsa, ainsi que l’éblouissante virtuosité de son leader à la guitare.

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Rosemary’s baby (Krzysztof Komeda), pinacle de la collaboration Polanski Komeda

Tout le monde connaît Krzysztof Komeda...sans le savoir. Oui, tout le monde a vu Rosemary’s baby, ou presque. Mais peux connaissent l’auteur de l’intrigante musique du film de Polanski, la berceuse du générique susurrée par une sensuelle voix féminine, n’était autre que le taciturne et charismatique Komeda, Polonais d’origine, venu à Hollywood à la demande de son grand ami et déjà star Roman Polanski.

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Donny Hathaway Live, concert culte au Bitter End New York

De son vivant, Donny Hathaway n'aura laissé que trois albums studio et un live. Ce live, c'est celui du Bitter End de New York paru en 1972. L’effervescence y est palpable et le public, qu'on sent en osmose totale avec son chanteur-prêcheur, devient un membre de l'orchestre à part entière. Live oblige, une grande place est laissée à l’improvisation qui illustre à merveille la virtuosité et le groove de cet auteur compositeur trop rapidement disparu.

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Mellow Yellow (Donovan), fumer des peaux de banane permet de planer ?

Quatrième album du troubadour Ecossais, non publié à l’origine en Grande Bretagne sinon dans une version tronquée, fût un gros succès grâce aux diffusions répétées sur les radios grandes ondes de « Mellow Yellow » en hiver 1966/67. Son titre phare, immédiatement reconnaissable grâce à sa célèbre intro aux cymbales charleston puis à la voix de vibrato confidentielle de Donovan, nous raconte une sulfureuse histoire de vibromasseur et de détournement de mineure…

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Sol Negro (Virginia Rodrigues), transcende la distinction entre érudit et populaire

La Bahianaise Virginia Rodrigues, cantatrice plantureuse, noire et fille de marchande des rues, a renvoyé la musique populaire brésilienne au catéchisme. Découverte à Bahia lors d'une audition publique du Théâtre Olodum, elle enregistre à 33 ans, son premier album Sol Negro, savant mariage du populaire et de la sophistication lyrique.

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Murder ballads (Nick Cave & the Bad Seeds), ou la bagatelle de soixante-cinq victimes

Avec Murder Ballads qui paraît en février 1996, Nick Cave enfile son costard de prédicateur bipolaire, pris entre péché et rédemption. Mi-Johnny Cash gothico-punk, mi-Lee Hazlewood de l’enfer, le cerveau des Bad Seeds, crooner dans l’âme, narre ses histoires de mort, de trahison, de sexe, de violence et de passion… Ce Nick Cave aux airs de Nosferatu s’offre même deux vierges à croquer : son double, PJ Harvey, sur Henry Lee, et sa compatriote Kylie Minogue pour un thriller érotique intitulé Where the Wild Roses Grow.

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From a Whisper to a Scream (Esther Phillips), 1er LP sur le label jazz-funk CTI

Choriste du Johnny Otis Band, puis membre d’Atlantic Records et Roulette, Esther Phillips rejoint le label jazz-funk Kudu (CTI) de Creed Taylor en 1971. Pour son 1er LP pour CTI « From a Whisper to a Scream », enregistré en décembre 1971, Esther s'adjoint les services de Pee Wee Ellis, Hank crawford, Dave Liebman, Richard Tee, Eric Sale, Bernard "Pretty" Purdle et Airto Moreira. Ses albums solo enregistrés pour le label constitueront le pinacle d’une riche carrière vocale entre soul, funk, jazz.

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