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João Gilberto (João Gilberto), impressionniste jusqu’à l’évaporation

Après son divorce, Joao Gilberto se partage entre le Mexique (où il réside deux années) et les Etats-Unis, donnant beaucoup de concerts, mais n’enregistrant qu’en de rares occasions. Il entame une vie commune avec Miúcha, sœur de Chico Buarque, avec laquelle il aura un enfant nommé Bebel. Son extrême méticulosité – voire maniaquerie – conduit Gilberto à peu enregistrer durant cette période.

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Isaac Hayes, Black Moses Tennessee

Instrumentiste, compositeur, arrangeur, producteur et acteur, Isaac Hayes a su imposer ses innovations musicales en dehors de la sphère du grand public, qui n’a parfois retenu de lui que l’image restrictive d’un crooner romantique. Son influence est manifeste sur certains de ses prestigieux contemporains, comme Marvin Gaye, Curtis Mayfield ou les Ohio Players.

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Encontro com a Velha Guarda, sambistes cariocas et poésie du quotidien

Enregistré en 1976, et produit par Marco Mazola, l’album « Encontro com a Velha Guarda » réunit des sambistes de légende dont le renom ne reflète pas le talent. À l’exception de Nelson Cavaquinho et Ismael Silva, peu sont connus du grand public. Si la plupart ont composé pour de grandes voix de l’ère des radios, ils n’ont rien interprété. En cela, cet album est inédit.

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Harvest (Neil Young), la trilogie de la boue part 1

Alors en pleine tournée de promotion de l’album Déjà vu, l’énorme succès de Crosby, Stills, Nash & Young tourne la tête de ses membres. Leur dernier concert en juillet 1970 marque la fin du groupe. Chacun commence alors une carrière solo qui s’avèrera de courte durée… à l’exception de notre serviteur.

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Winter In America (Gill Scott-Heron), portrait de la décadence économique américaine

En 1973, Gil Scott-Heron vient d’enregistrer deux albums pour Flying Dutchman, Pieces Of A Man et Free Will, qui comptent parmi ses plus réussis. Mais le torchon brûle avec Thiele. Après que le producteur a refusé de faire figurer à côté de son nom celui de son alter ego de toujours Brian Jackson, Gil prend ses cliques et ses claques et enregistre avec Brian un album pour Strata East

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Os Afro Sambas (Vinicius de Moraes, Baden Powell), tandem idyllique de la MPB

En 1962, Baden fait la connaissance de celui qu’on surnommera très vite son «père spirituel», Vinicius de Moraes. De bossas novas en afro sambas, Vinicius et Baden forment peut-être le tandem le plus réussi de la musique populaire brésilienne. Leur relation très forte, passionnelle, est toujours guidée par le seul désir de faire de la musique vraie, pure.

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Maggot Brain (Funkadelic), magnifique bâtardise stylistique et partouze funkadélique

Avec leurs deux premiers albums – Funkedelic, en 1970, un acid rock imprégné de blues, et Free your mind… plus psychédélique -, les Funk, comme on les surnommait, sont devenus l’incarnation d’un mode de vie, une religion. Avec son troisième disque, le groupe est à l’apogée de son pouvoir créatif. Tout d’abord, la pochette montre une femme en train d’hurler et qui surgit d’un amas de terre, tandis que le texte cite la Process Church of the Final Judgement.

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La Salsa, continuation sophistiqué et en exil de la musique Cubaine

L’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, voyageur impénitent, sait mieux que quiconque que le terme « salsa » recouvre des rythmes bien antérieurs à l’arrivée de ce nom qui n’apparaît que vers la fin des années 60 à New York. L’histoire de la salsa se confond en effet entièrement avec celle de l’exil de la communauté d’Amérique latine aux USA – et plus précisément à New York, la Mecque musicale de toutes les époques.

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Gone Clear (Manu Dibango), kingston escale with Sly & Robbie

Gone Clear, premier des deux albums reggae du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango est enregistré avec Sly & Robbie, quelle drôle d’idée pour le pape de l’afro-jazz d’aller fricoter avec des musiciens jamaïcains qui à l’époque n’avaient pas 30 ans et se moquaient comme d’une guigne de la musique africaine, lui préférant la soul et le funk de Philly Sound…

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High Contrast (Gabor Szabo), première incursion du guitariste en territoire jazz fusion

Etabli à Los Angeles, Gabor Szabo exerce ses activités à la télévision et fonde le Perfect Circle formation dont le répertoire va de là (pseudo) musique classique au jazz-rock. L’émergence du rock permet à Gabor Szabo d’expérimenter des formes de jazz plus accessibles. Durant les années 70, Gabor Szabo se produit régulièrement le long de la côte ouest, hypnotisant le public avec son style enchanteur et fascinant mêlant jazz, pop, musique gypsy et indienne.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste.

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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.

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Standards (Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette), trio d’une liberté insensée

1977 et la sortie chez ECM de l’album Tales Of Another de Gary Peacock est l’acte de naissance du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack Dejohnette.Le trio se « forme » six ans plus tard à l’initiative de Keith Jarrett, et jusqu’en 2015, il va s’appliquer à épuiser les potentialités apparemment illimitées de leur travail collectif, inventant une musique d’une liberté insensée et d’une exigence totale.

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Bande originale de Saturday Night Fever (Bee Gees), disco quintessence

En 1975, les Bee Gees sont en passe de devenir des has-been. Dix ans après un départ fulgurant semé de balles comme I Started A Joke, Love Somebody ou Massachussets, le groupe a épuisé toutes ses cartouches dans un chef-d’œuvre méconnu (« Odessa ») pour se retrouver à la traîne des modes, entre soul délavée et pop essorée (« Trafalgar »). Seulement, les Australo-britanniques sont du genre persévérants.

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Impulse records, « the new wave in jazz » pour devise !

L’histoire d’Impulse records est avant tout affaire de fortes personnalités. C’est Creed Taylor, l’ancien responsable de la direction artistique de Bethlehem Records qui, en octobre 1960, est parvenu à convaincre les responsables d’ABC-Paramount Records, de lancer une nouvelle collection de disques de jazz.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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The Pretty Things, un rayonnement souterrain mais essentiel

La plupart du temps, lorsqu’on évoque les groupes anglais des années 60, on commence par les mods : Kinks, Who, Small Faces… Les Beatles sont définitivement inclassables et pour les rockers, on se limite généralement aux Rolling Stones. C’est négliger l’importance de the Pretty Things, groupe méconnu, mais qui a ouvert quelques brèches avant tout le monde.

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Discothèque idéale selon Abd Al Malik

Explosion des genres. Jazz, chansons à textes ou rap US se côtoient dans la discothèque idéale d’Abd Al Malik : Jacques Brel « les marquises », pour moi, c’est un vrai modèle artistique, une incroyable force d’écriture et d’interprétation sur fond d’une musicalité fine et subtile conçue …

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), poèmes symphoniques de l’âge pop

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

Au début des années 1970, Herrmann est persuadé que sa carrière cinématographique est terminée, quand le succès de sa musique du film de Brian de Palma « Sisters » en 1973, redonne à son oeuvre un nouveau souffle. Les propositions de film affluent avec, entre autres, celle de Martin Scorsese pour Taxi Driver. C’est sur la base d’une admiration éperdue pour les partitions de Citizen Kane, Sueurs froides et Psychose, que Scorsese sollicite le légendaire Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver.

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Betty Davis, explosive et torride diva funk

La quête de Betty Davis était celle d’un Funk-rock vindicatif et abrasif, empreint d’une fureur maîtrisée. Son comportement outrancier à connotation sexuelle sur scène, et des paroles parfois délurées et torrides lui attire les foudres d’une frange de la communauté noire. Elle lui reproche ouvertement de ne pas donner une bonne image des afro-américains. Une certaine image de l’Amérique puritaine. Qu’importe, Betty persiste et signe. Entre Funk lourd, Heavy-rock mid-tempo, souvent surchargé d’érotisme déviant, elle n’offre pas d’autre choix que la soumission.